Madeleine Delbrêl : une sainteté pour notre temps
En prévision du centenaire de sa naissance, le 24 octobre 2004, une Année Madeleine Delbrêl(1) est proposée par l’« Association des Amis de Madeleine Delbrêl » (500 membres en France et à l’étranger) et les « Équipes Madeleine
Delbrêl » (ses compagnes), avec le plein appui de Mgr Daniel Labille, évêque de Créteil, dont dépend Ivry, ville où elle a vécu sa mission. L’engagement social et missionnaire Ce qu’on connaît le plus souvent de Madeleine, c’est son engagement social dans la ville ouvrière d’Ivry, ses combats pour la justice aux côtés des communistes, son soutien à la mission ouvrière et aux prêtres-ouvriers. C’est bien un axe majeur de sa vie, de 1933 à sa mort, en 1964. Mais encore convient-il d’ajouter qu’il n’en aurait rien été si elle n’avait vécu, à l’âge de 20 ans, une « conversion violente » et si, inspirée ensuite par la radicalité de l’Évangile, elle n’avait mûri, pendant quelques années, avec des compagnes, un projet de vie « au milieu des pauvres et des incroyants » (en rupture complète avec la vie artistique et littéraire brillante qui s’offrait à elle). Les circonstances les ayant conduites à Ivry, Madeleine, devenue assistante sociale, découvre la réalité communiste et comprend que les chrétiens ne peuvent vivre en ghetto, ce qui l’éveille à l’urgence missionnaire. Vie fraternelle avec les plus pauvres La maison qu’elle habite, au 11 rue Raspail avec ses compagnes, devient un lieu de partage et de fraternité pour toutes sortes de gens. « Ce qu’elle voulait », nous a dit Suzanne Perrin, responsable des Équipes Madeleine Delbrêl, « c’est vivre une vie séculière de laïque en plein monde, au coude à coude avec tous ; vivre une vie fraternelle sans frontières, selon ce que dit le Christ. » Madeleine et ses compagnes, témoignait Jacques Loew(3), « étaient d’une joie, d’une simplicité, d’une charité évoquant Sainte Claire et les premiers Franciscains. » Autre trait caractéristique de Madeleine, relevé par Suzanne Perrin : sa capacité de réflexion. « On la voyait s’isoler dans sa chambre, avec un paquet de gauloises et un café fort. Elle veillait tard dans la nuit. » Méditations poétiques, textes d’analyse, correspondance... Madeleine Delbrêl a beaucoup écrit : on dispose de 3000 lettres d’elle, presque entièrement inédites. Ce qui frappe, au contact de cette Å“uvre aux accents très actuels : l’amour de Dieu et du monde, un sens mystique très profond (avec des textes comme « Nous autres, gens des rues » ou « Les deux abîmes »), l’importance de la prière et de la Parole vécue, un amour sans faille de l’Église, la finesse de son analyse de l’apostolat en milieu athée... Son secret : l’Évangile Son secret est d’avoir puisé dans l’Évangile, tout simplement, sans commentaire surajouté, de quoi éclairer et fortifier notre foi en Dieu et en l’homme. Au travers d’une vie discrète, elle nous a ouvert une voie de sainteté adaptée à notre temps. Anne Viry (1) cf. Message de Mgr Gérard Daucourt dans le numéro 295 d’« Église des Hauts de Seine », novembre 2003, page 4. Extraits du dossier : « Nous pensons que faire de toutes petites choses pour Dieu nous le fait autant aimer que de faire de grandes choses. »
« Nous croyons que l’Évangile a été écrit pour être vécu et nous pensons que Dieu nous appelle à le vivre ensemble. » Madeleine Delbrêl Dossier du Centenaire : 17 feuillets de textes choisis, ordonnés par thèmes (« La foi d’une éblouie de Dieu », « Vivre l’Évangile », « Aimer le Christ-Église », « Le sens de la souffrance », etc.). Pour en savoir plus sur l’Année Madeleine Delbrêl |